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Billets du 11/10/2020

Entre Terre et Mer - par Semeac Evasion Marche

ENTRE TERRE et MER

Un auteur américain, Jackson Brown, a écrit : « Face à la roche, le ruisseau l’emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance ». Il en a fallu de la persévérance pour réaliser le projet de séjour des marcheurs au pays basque, initié voilà un an. Comme au rugby, il a fallu raffuter, changer de pied, pour passer, entre autres, cette satanée Covid et donc reporter en ce début du mois d’octobre notre escapade au-delà de l’Adour et, comme « les emmerdements volent en escadrille », espérer que Zeus calme les éléments qui s’abattaient sur le pays et qui nous rattrapèrent en terre béarnaise. Mais, par un de ces miracles diront certains ou, selon des météorologues occasionnels, par un vent venu opportunément du sud-ouest, au sortir de Biarritz la Rhune se dévoila et un ciel plus clément apparut au-dessus de l’océan. L’espérance n’était pas vaine, les soucis pouvaient se dissiper en même temps que la grisaille et la brume. Premier « ouf » !

Nous voici donc, ce 6 octobre à 10h20 au col d’Ibardin où nous retrouvons nos deux amies basquaises, Evelyne la biarrote (quoique originaire de Cauterets mais l’âme basque bien ancrée) et Monique la Bayonnaise (l’accent, mais pas que, témoigne de cet attachement à son « pays »), qui furent plus que des accompagnatrices, des bergères (au sens complet du terme). Quatre d’entre-nous (dont une bigourdane dont tout rappelle les origines basques… !) l’avaient constaté, quinze jours auparavant, lors de la reconnaissance des randonnées.

A 10h40 l’escouade prend pied (altitude : 411 m) sur un cheminement dont la pente n’a aucun effet dissuasif tant l’envie de découverte anime les esprits et les corps – débarrassons-nous des oripeaux de la frustration ! -. Histoire de souffler un peu, une première énigme nous interroge. Ce sont des cercles de pierres, dont la géométrie nous fait penser que la main de l’homme est passée par là. Ce sont, en effet, des « cromlechs » (mot breton, comme quoi les populations n’étaient pas si sédentaires que ça), dont les historiens locaux expliquent qu’il s’agirait de sépultures où étaient enterrés les bergers. En guise de souhait de bienvenue, la côte basque du Labourd (c’est le nom de cette partie du pays basque) s’éveille et se dévoile, jusqu’au-delà de l’embouchure de l’Adour et le début de la côte landaise.

Encore quelques minutes de montée et nous voilà sur une crête débonnaire, ondulant entre la terre basque (faut-il ajouter le qualificatif « espagnole » ?) et l’océan. Nous atteignons deux sommets : le « Manddale » (le plus haut à 571 m) et le « Zigorriaga » et sur lesquels sont plantées des bornes frontières. Ces sommets ont une histoire, nous explique Evelyne. Des « redoutes » (sortes de forts et de fortifications) avaient été édifiées sur ces promontoires, et ont servi, d’abord aux armées de la révolution à repousser les forces espagnoles en 1794/1795, puis, en 1813 à s’opposer à l’offensive de la coalition anglo-hispano-portugaise, emmenée par le duc de Wellington. D’ailleurs, la redoute du Manddale est appelée « de la baïonnette » en référence aux combats qui y eurent lieu en 1794.

Après un passage par le col « des Poiriers » ou Pitaré, tout le monde gravit en une demi-heure les quelques 150 mètres de dénivelé qui nous conduisent au troisième sommet de la randonnée : le Xoldokogaina (prononcer « Choldokokaina » à 486 mètres au-dessus de la mer. Bravo mesdames et messieurs, l’effort est récompensé ! Saint Sébastien, la capitale de la province basque du Guipuscoa, apparaît au sud-ouest, à nos pieds, la Bidassoa, son estuaire dans la baie de Fontarabie (Hondarribia), Hendaye, sa belle et grande plage (3 kilomètres de long) et ses jumeaux, le château d’Abbadia sur la corniche, plus loin la baie de Saint-Jean-de-Luz, le rocher de la Vierge et Biarritz, et dans le lointain, au nord, l’embouchure de l’Adour et le sable landais ; au sud, les montagnes navarraises, dont les caractéristiques « penas de Haya » ou « soum des trois couronnes » (à inscrire, pour le plus accessible des trois sommets, dans un prochain projet).

De retour au col des « Poiriers », il est temps d’apaiser les estomacs à une heure (13h30) presqu’espagnole du déjeuner. Que nous prenons en compagnie d’invités-surprise et insistants, des chevaux - qu’une vue défaillante doublée d’une imagination affirmée confond avec des pottoks ! -.

Pas le temps pour une sieste ! Nous descendons vers le lac et le barrage de Xoldokogaina, construit dans les années 1928 et dont les eaux alimentent les communes d’Urrugne, Hendaye et saint-Jean-de-Luz. De là, nous remontons par une large piste au col d’Ibardin, non sans avoir observé un arbre dont le tronc peut accueillir une personne pour la protéger de quelques caprices de la nature, de la pluie notamment. L’amie Catherine le teste dans une situation pluvieuse et les conclusions de son rapport est sans ambiguïté : breveté étanche ! Nous vérifions ainsi dans le dernier quart d’heure la véracité de l’adage : « au pays basque quand il ne pleut pas, c’est qu’il va pleuvoir ».

Le moral n’est pas atteint pour autant et le kir basque pris à l’apéro n’est même pas utilisé comme prétexte pour le ranimer, pas plus que le plateau de charcuterie, la bonne axoa et bien sûr le fameux – il le fut ! – gâteau basque (etxeko biskotxea) qui nous sont servis dans le centre de vacances « Bella Vista » du quartier Lissardy d’Hendaye qui nous héberge.

Le lendemain matin vient confirmer l’adage météorologique : il pleut. La deuxième randonnée, qui doit nous conduire par le sentier côtier de Bidart à Saint-Jean de Luz, paraît compromise. Nous nous faisons une raison – la sagesse de l’âge ou l’âge de la sagesse ?-. Mais nous persévérons en nous rendant à la plage d’Uhabia de Bidart, lieu de notre rendez-vous avec Evelyne et Monique. A las diez en punto (10 h précises), les voilà….et la pluie a cessé. Nous partons donc !

Juste quelques centaines de mètres, Evelyne la biarrote nous fait remarquer, contre un mur, sur cette plage, une sorte d’orifice qui a l’air d’un four. Serait-ce pour griller quelques sardines ou maquereaux les soirs de fiesta arrosés d’Irouléguy ? Et non, vous n’y êtes pas. C’est un four de fonte. Pas le métal, non ! Pour la fonte de la graisse des baleines que les pêcheurs basques ramenaient, découpées en morceaux (vous avez bien compris qu’il ne s’agissait pas d’enfourner une baleine entière !!!) sur les côtes de leurs lointains lieux de pêche au large de l’Amérique du nord. Cette graisse fondue n’était pas comestible et servait à l’éclairage ou à la préparation des cuirs et des draps.

Nouvelle halte, toujours à Bidart, devant une superbe et immense maison, un palais roumain surplombe l’océan, nommé « Emak Bakia » (ce qui signifie : « fiche-moi la paix »), où le cinéaste Man Rey tourna un de ses films et où (très important) Evelyne la tarbaise fut monitrice de la colonie de vacances de la Socata. Ah, nostalgie quand tu nous tiens ! Mais ne sombrons pas dans la mélancolie, poursuivons !

La côte est, ici, magnifique. C’est tout une atmosphère : des falaises que la mer ravine inexorablement malgré les mesures et travaux de protection prises - certains renoncent devant ce combat inégal – qui engloutit par endroit le sentier côtier ; le tumulte de la houle, le vert de cette mer impressionnante et qui nous rappelle à l’humilité ; les crêtes blanches des vagues qui roulent vers le rivage, couvrant et découvrant les roches, frappant les « piles d’assiettes », ces roches plates que les millions d’années ont laissé apparentes ; cette horizon infini qui épouse le ciel, plus clair au fur et à mesure de notre avancée. Comment être indifférent devant ce spectacle vivant, attachant, renouvelé.

Dans les grands moments d’intensité émotionnelle, il y a toujours des moments plus légers. Les deux hommes de l’équipes crurent entendre des cris aigus des mouettes. Il ne virent rien, sinon flottant au milieu des vagues, ce qu’ils prirent de premier abord pour…des pingouins. Mais, se dirent-ils, ce n’est pas un lieu à manchots ? Et, ajustant leurs bésicles ils aperçurent des hommes debout sur des planches. C’étaient des surfeurs domptant les vagues ….et les cris n’étaient pas ceux des mouettes mais de la gent féminine de leur compagnie qui s’extasiaient devant ces corps masculins qu’elles imaginaient jeunes, musclés et bien sûr, beaux. Elles sauront moquer, assurément, les regards malicieux de leurs septuagénaires de compagnons au passage de quelque gracile féminité. Mais arrêtons la digression, Mee Too veille !

Ainsi, nous arrivons à la pointe de Sainte Barbe d’où la vue sur la baie de Saint-Jean-de-Luz, sur Socoa nous émerveille. Comme le bouquet final d’un feu d’artifice.

Rien ne le laissait présager, l’objectif a été rempli dans une ambiance amicale. Et grâce à nos amies Evelyne et Monique. Eskerrik asko ! Des liens se sont créés que nous renforcerons.

Rendez-vous, Evelyne et Monique, pour de prochaines randonnées en Bigorre où vous serez les bienvenues et, pourquoi pas, dans ce pays basque, à la découverte d’autres lieux tout autant enchanteurs !

Merci à vous, ami(e)s marcheurs pour votre heureuse participation.

Et n’oubliez pas : « La persévérance est un talisman pour la vie ! ».

Agur.

Bernard, le tabellion

Publié le 11/10/2020 @ 19:26  Prévisualiser  Imprimer l'article
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